Ils s’y sont mis
Il y a quelques années, en France, des entreprises branchées ont organisé des temps de sieste pour leurs employés. A l’époque, une forte médiatisation de cette expérience a empêché son développement, car une entreprise qui officialise la sieste dans ses locaux, finit par avoir une mauvaise image de marque.
Pourquoi cette mauvaise image de la sieste et de d’un espace de détente dans une entreprise? Parce qu’en France nous pensons la sieste à la « méditerranéenne » et non pas la sieste à la « nippone ». En effet, à Tokyo, entre deux rendez-vous, une sieste est de rigueur !
60% des Japonais estiment qu’ils ne dorment pas assez. Ayant connaissance de ce chiffre, les autorités se sont inquiétées et ont demandé que des études soient entreprises pour connaître les effets de la sieste sur la productivité au travail.
L’une d’entre elles, démontre que 15 minutes de sieste régulière augmentent la vigilance des employés. Ainsi, au Japon, dans le métro, dans le train, à la maison, au travail, partout la sieste est présente et fait partie de la vie au quotidien. Elle est dite productive, et peut durer de quelques secondes à 1 heure. Elle n’a pas de connotation négative.
Alors, si la sieste permet d’améliorer le bien-être des salariés tout en augmentant leur productivité pourquoi ne pas l’instauré aussi dans nos entreprises ?
Voyons, parmi les entreprises qui ont essayé la sieste et « l’Espace Détente » dans leurs locaux, les bienfaits ou au contraire les méfaits de ceux-ci.
- Saguez & Partners, une société de design.
Ils ont accès à des cours de stretching, des exercices de remise en forme et des massages y sont prodigués, gratuitement dans certains cas.
«Au contraire, affirme Valérie Parenty, directrice d’activité de la PME. Les salariés se sentent bien dans nos locaux et ne comptent pas leurs heures de travail. En outre, nos espaces de repos contribuent à les fidéliser. Notre turnover est très faible.»
Cette analyse que semble être partager par Thierry Normand, cogérant de Manager RH Conseil, une société de conseil en ressources humaines. «Personne ne peut rester concentré plus de deux heures d’affilée. Les pauses sont indispensables, explique-t-il. Evacuer la pression grâce à un espace de détente, permet de se vider la tête et de fournir, ensuite, un travail plus qualitatif. La productivité est alors meilleure.»
Ainsi, une pause de 20 minutes en milieu d’après midi leur redonne l’énergie nécessaire pour terminer efficacement leur journée
- Frizee.fr (jeu en ligne)
Au programme de cette entreprise : billard, baby-foot, siège de massage et jeux vidéo.
Tout un attirail destiné à « se vider la tête », car pour Tristan Colombet (fondateur et dirigeant de la société FRIZEE.FR jeu en ligne), les espaces de détente créés dans son entreprise sont essentiels. «C’est même culturel», ajoute-t-il.
Quand on lui demande ce qu’il en est de sa productivité. «Elle est au beau fixe, assure-t-il. Nos salariés font quotidiennement de gros efforts de concentration. Ils ont donc besoin de décompresser.» Ainsi, il n’est pas rare qu’après une longue réunion, ses équipes jouent 15 minutes au baby-foot. Car, comme l’affirme l’entrepreneur, les collaborateurs ne sont pas jugés «sur le nombre d’heures passées devant leur ordinateur mais sur la qualité du travail rendu». Quant aux dérapages, la PME en a connu peu. Certes, il est arrivé que quelques salariés sortent du raisonnable et passent trop de temps devant une console de jeux vidéo, mais ils ont tout de suite été «mal vus par leurs collègues», se souvient Tristan Colombet. Le recadrage s’est donc fait naturellement.
- Plusieurs entreprises américaines :
Gould Evans Goodman a alors installé une tente avec sacs de couchages et réveil dans ses bureaux de design, à Kansas City.
A Pittsburgh, Deloitte Consulting propose désormais une salle de repos.
Des consultants investissent le créneau ; ainsi, Tom deLuca, enseigne le « Power Napping ».
- En Chine et au Japon.
En chine, le droit à la sieste est inscrit dans la Constitution, et au Japon, certaines entreprises vont jusqu’à l’imposer à leurs salariés avant un rendez vous, la pratique est courante.
- L’Europe se convertit petit à petit :
Après Berlin et Hanovre, Zurich a inauguré, au printemps dernier, un « restpoint » ou « ruheraum » : 5 francs suisses ouvrent aux cadres stressés un havre de silence, des casiers et des couchettes, en plein centre-ville.
En 2000, la municipalité de Vetcha, en Allemagne a instauré vingt minutes de pause après le déjeuner, doublée d’un cours sur l’art de la sieste. Grand succès.
Le maire de Hilleroed, au Danemark a d’adopté le principe d’une sieste à tour de rôle. Il va sans dire que ces vingt minutes font partie du temps de travail.
- L’agence de publicité BETC, filiale d’Euro-RSCG à Paris.
Elle a installé des transats et des chaises longues dans un coin calme du dernier étage. Les salariés s’y reposent. «Certains piquent un roupillon, mais c’est rare», commente Emmanuelle Malaboeuf, responsable des relations publiques. Cet espace détente est assumé, «car les publicitaires travaillent tard et beaucoup».
- Au journal le Monde.
On ne cache pas l’existence d’une «petite salle de sieste» avec un «petit lit».
- L’académie Accor.
Christian Loisel, formateur en ressources humaines féru de sieste, a dû batailler pour instaurer des séances de relaxation dans le centre de formation du groupe hôtelier. Yeux fermés sur leur siège, les stagiaires se détendent vingt minutes avant d’attaquer un exercice de gestion ou de finance.
« Au début, les formateurs avaient l’impression qu’on leur volait du temps, raconte-t-il. Mais ils se sont rendus compte de l’effet bénéfique. La concentration dure plus longtemps.»
- Leblon-Delienne.
PME spécialisée dans les objets décoratifs inspirés de l’univers de la bande-dessinée, elle revendique cette culture du «sommeil corporate». L’ancien PDG Eric Delienne l’avait instaurée à la suite d’un séjour au Japon et son successeur a pérennisé l’initiative. «C’est un état d’esprit global pour favoriser l’autonomie des personnels», précise l’actuel dirigeant, Laurent Buob.
A la sortie de la cantine, la moitié de la quarantaine de salariés se précipite vers le showroom où les attendent coussins et paravents pour un moment qui n’a rien de crapuleux. «La sieste n’est tout de même pas obligatoire, plaisante le PDG. Certains sommeillent, d’autres se détendent. »
« On voit ensuite la différence entre les agents qui se sont reposés et les autres. Les premiers disent qu’ils ont l’impression de commencer une nouvelle journée». Le dirigeant partage ce moment de détente avec eux. Il paraît que dormir avec ses collègues renforce considérablement les liens à l’intérieur de la société.
- Certains Centre de communication de EDF
Ils disposent dans leurs locaux de fauteuil de massage avec de la musique relaxante.
- Une plateforme d’appel de France télécom
Fauteuil de relaxation fauteuil de massage, lumino, ambiance sonore, diffuseur d’huiles essentiell (ambiance de senteurs), ambiance de lumière (livingcolor) bar a oxygène,
Alors, c’est parti, plus d’hésitation, la sieste et l’espace détente dans votre entreprise n’ont plus à vous prouver leurs bienfaits.
Alors siestions !