Coût de la fatigue

Cout de la fatigue : 18 milliards de dollars par an au Etats-Unis !

La National Sleep Foundation de Washington  a chiffré à 18 milliards de dollars par an le cout de l’absence de sieste pour l’économie des Etats-Unis. Ainsi, cette ONG qui a été créée en 1990 pour alerter l’opinion publique sur l’importance du sommeil a une devise : «Soyez productif, faites une sieste.»

Cette étude n’a pas été la seule. En effet, depuis quelques années les chercheurs de différents pays se questionnent non seulement sur le cout de la fatigue sur l’activité professionnelle mais aussi sur les bienfaits que la pratique régulière de la sieste apporterait.

Des chercheurs britanniques en psychologie de l’East of England Development Agency, ont eux aussi tenté de chiffrer le coût de la fatigue de début d’après-midi, plus communément appelé « le coup de pompe » ou encore le « coup de barre ».

Lors de cette enquête menée auprès de 1 000 salariés, 53 % des femmes et 35 % des hommes se disent concernés par ce phénomène après le déjeuner. Les auteurs de l’étude ont montré que si l’on estime à 10 % la baisse de la productivité des personnes concernées sur une durée d’une heure, le coût pour l’économie britannique serait de 3,93 milliards de livres par an, soit plus de 6,2 milliards d’euros. Ils ont établi qu’une sieste quotidienne permet de stimuler la créativité des individus : pour plus de 30% des individus les idées viennent au moment où ils s’assoupissent alors que 10% seulement affirment qu’elles leur viennent pendant les heures de travail. Voilà pourquoi ces chercheurs recommandent fortement d’installer des lits et des canapés dans toutes les entreprises.

Une étude un peu particulière a été réalisée auprès des internautes par le site Monster, leader du recrutement en ligne, – étude certes moins scientifique mais pas inintéressante pour autant. Elle montre qu’un quart des Européens avouent s’être déjà endormi au bureau. C’est plus de 21 000 européens qui ont répondu à la question « Vous êtes vous déjà endormi au bureau ? ». Ce sondage que 24 % des internautes européens avouent s’être déjà endormi au travail : 13 % sur leur bureau, 6 % pendant une réunion, 5 % aux toilettes ; 39 % des participants au sondage, qui ne se sont jamais endormi, précisent tout de même que « parfois, c’est un vrai challenge de rester éveillé »

Ainsi, les études et les publications le montre : la pratique de la sieste rapporte beaucoup en terme de productivité. Pourquoi ne pas instaurer cette pratique, qui ne coûte rien ou pas grand chose, dans les entreprises ?

Instaurer cet espace uniquement dédié au repos, à la détente et à la relaxation dans les entreprises suffit à augmenter leur chiffre d’affaire, diminuer les stress et favoriser la motivation des salariés. 20 minutes de repos après le déjeuner permettraient d’allonger efficacement sa journée de 2 heures.


Aux Etats-Unis, la discussion sur la sieste déclenche régulièrement des discussions vives entre, d’une part, les experts médicaux et nutritionnistes et, d’autre part, la grande majorité des managers. Ces derniers voient dans la sieste une faiblesse professionnelle imputable aux seuls individus manquant de courage. Pourtant quelques dirigeants américains, au premier rang desquels le président Georges Bush, ont adopté la sieste. L’ancien président des Etats-Unis avait réussi à imposer ses séances de sieste à son équipe de campagne explique le Washington Post.

Comme le rappellent William et Camille Anthony, un couple de chercheurs de l’université de Boston, dans L’Art de dormir au travail, un somme de 15 à 30 minutes suffit pour ragaillardir un employé épuisé, augmenter ses facultés de concentration et de mémoire et lui éviter quelques erreurs.

Jacques Chirac témoigne, dans une préface à Eloge de la sieste, de Bruno Comby, que « la sieste octroie, pour travailler, les extraordinaires créneaux d’activité intellectuelle de la nuit ».

Depuis peu, de plus en plus de chefs d’entreprise prennent conscience de l’aspect bénéfique d’un petit temps de repos dans la journée. Selon des chercheurs britanniques, la sieste permettrait aux entreprises d’économiser près de 4,37 milliards d’euros.

Alors à quand l’institutionnalisation de la sieste au travail ?